lundi, mai 09, 2011

Tournoi de Sanguinet

SANS GUINET(TE), tu n’as rien !!!

À David, notre Great British Old Black...


S’il est un mois dans l’année qui focalise toutes les attentes, c’est bien celui de MAI. Tous les observateurs auront constaté que durant cette période, nous connaissons d’année en année, une effervescence toute particulière dans bien des domaines.

En politique, c’est traditionnellement la période des « Présidentielles » ou autres élections visant à choisir, parmi un troupeau de personnalités toutes aussi franches qu’un âne qui recule, la ou les bourriques qui sont censées faire de notre avenir une réplique du jardin d’Eden…

En agriculture, c’est la période de la floraison et des naissances à tout va. Chacun va de son champs de blé tendre, de sa plantation de cerisiers (d’où les « guinettes », spécialité bien française qui associe le splendide fruit rouge gorgé des premiers rayons de soleil à l’eau de vie gorgé des tanins des barriques de nos chers chais locaux)

Au niveau social, c’est le mois des « ponts » ô combien nécessaires à la psychologie professionnelle du futur vacancier.

Au niveau religieux, c’est la période des communions solennelles, celles qui marquent à jamais les jeunes ados. Celles qui les confortent dans l’idée que l’hostie, malgré toute sa charge de spiritualité et de symbole, ne remplacera jamais le magret de canard…

Au niveau sportif, c’est le renouveau des grandes joutes tennistiques et cyclistes, le retour des dosages titanesques d’amphétamines et de créatines, le retour du sport « limpio » como se dice en España, patria del CONTADOR.

Enfin, en ce qui concerne le « rubi, con », c’est la période des attributions des titres régionaux et le lancement de la quête des accessits nationaux tous niveaux confondus.

Mais c’est surtout le rendez-vous incontournable de l’extraordinaire Tournoi de SANGUINET, petite bourgade landaise affiliée au Comité de Côte d’Argent, où chaleur humaine rythme avec convivialité, avec joie de vivre, avec la fête, tout simplement.

C’est donc avec un plaisir incommensurable que les OLD BLACKS avaient cochés sur leur tablette le 7 mai 2011. Ils n’était pas les seuls ; les vieux crampons de Miramont, Soustons, Saint-Magne et Sanguinet, bien sûr, avaient, eux aussi, bloqué leurs horloges internes sur ce rendez-vous…

Pour l’occasion, les OLD BLACKS allaient être la seule équipe à se présenter avec un effectif complet ce qui nous valut, entre autre, de prêter quelques cadres à d’autres groupes afin de jouer toutes les rencontres à 15 expliquant de fait la fatigue globale de groupe à l’amorce de l’apéro, le soir même lors du traditionnel rassemble de la 3ème mi-temps…

La garde meurt mais ne se rend pas !!!

Les joyeux drilles cénacais présents étaient les suivants :

Première ligne – Fred T, Bud l’Eclair, Playboy

Deuxième ligne – Zizou, Mister 6 T’Matic

Troisième ligne – Chipiron, Cruchot, Laulautobus

Mélée – Beck / Ouverture – la Teigne

Ailier – Jean, Minimoys

Centre – Moun, Jipi

Arrière – Wonder.

Vous avez bien compté : 15 sans remplacements possibles !!! L’après-midi serait donc placée sous le signe de l’asphyxie, du sacrifice ultime, de l’atteinte aux limites extrêmes de chacun.

Et là, messieurs, force est d’avouer que chacun aura donné le maximum de lui-même pour décrocher la victoire.

Le premier adversaire offert aux OLD BLACKS fût Miramont, l’équipe peut être la plus difficile à jouer en terme de rythme. Certes peu nombreux mais renforcée par quelques joueurs de Sanguinet, les verts du Lot-et-Garonne, avec l’aide de deux jeunes vieux d’une vingtaine d’années et de quelques anciens pensionnaires de Fédérale, ont imprimé un jeu vif, alerte alternant la confrontation physico-tactique au déploiement technico-externe. Bref, c’est avec la très forte impression d’avoir ressemblé à un essuie-glace que nous quittâmes le pré, presque exténué, trois essais dans la musette, mais toujours vivants !!!

La seconde joute nous proposait les locaux de l’étape. Là encore, du jeu, du mouvement et du combat de tous les instants au sol. Sincèrement, ce lundi, le jardinier de l’Estadium de Sanguinet devra combler les ornières qui jonchent la pelouse tant les deux équipes, sur cette rencontre, ont cherché à gratter les ballons au sol !!!. On aurait cru à un concours de pelles hydrauliques !!! Sans compter le nombre de cratères occasionnés par les diverses « vautrations » en terrains adverses des acteurs de la partie !!! Un vrai championnat de plongeon de haut vol !!! « Viril mais correc », comme dirait l’autre. Heureusement que l’œil averti des arbitres permirent de clarifier au mieux ces phases de jeu en employant la stratégie du « démerdez-vous ! ». C’est là que l’on s’aperçoit que le rugby est un sport à part : vociférations de chaque côté, critiques des décisions arbitrales et……. embrassades en fin de match !!! Bravo messieurs pour votre tenue sur le pré !!!

A l’approche de l’ultime confrontation face aux gaillards de Saint Magne-Soustons, nous pouvions constater que les essais qui nous avaient été infligés étaient tous issus de contres mais jamais de phases construites de bout en bout par l’adversaire.

La frustration n’en était que plus grande. Zizou, horripilé par le manque de jeu ouvert, montait dans les tribunes pour ronger son frein dans l’attente de l’ultime rencontre. Cette réaction eu pour effet de booster le groupe. Le 3ème rendez-vous fut celui le plus abouti et de loin. Combativité, jeu de soutien, alternance au large, défense intraitable, tout y passa. Face à l’équipe peut-être la plus complète du tournoi (en terme de jeu), les OLD BLACKS firent montre d’un courage et d’une abnégation sans faille récompensés par une victoire marquée par le plus essai du l’après-midi.

Suite à la pression nucléaire de Jipi, la gonfle, récupérée par les cénacais, vola de main en main jusqu’à……………….l’aile !!! Et oui, même à Cénac, c’est possible !!! Mais là encore, rien n’était acquis !!! La lucidité de Zizou fit le reste. Après une « prise d’informations » (digne de Jean-Pierre Pernault) sur le placement de ses coéquipiers, notre seconde pompe de devoir, accéléra, crocheta vers l’intérieur pour relancer le mouvement. 8496 passes après, Cruchot dans une ultime roulade offrait à la Teigne un essai du bout du monde !!! Ce n’était que justice tant les OLD BALCKS avaient tenté durant cette rencontre. Qui Playboy, qui, Cruchot, qui Chipiron, qui Moun, qui Laulautobus, qui Minimoys, qui Wonder, qui Jean, qui Fred, qui Bud l’Eclair, qui Beck, qui la Teigne, qui Jipi, qui Zizou s’employèrent à prendre les espaces et à perforer une défense jaune et noire des plus solides. Superbe !!!

C’est essai fut sans nul doute le feu d’artifice d’une après-midi où le jeu ne fut pas basée sur de grandes envolées lyriques, loin de là. Il est vrai que la pluie fine associée au ballon neuf sponsorisé par Rexona ne favorisèrent pas vraiment cela.

Si je résume donc :

FRED : une abnégation sans faille, du grand et du solide pilier qui ne moufte jamais car il a compris qu’il fallait garer de l’oxygène pour le combat.

BUD l’ECLAIR : exemplaire dans son rôle de trois quart promu au talonnage. Combatif comme jamais, il semblerait que son avenir se conjugue avec « avant » et que son évolution numérologique n’atteigne qu’exceptionnellement les deux chiffres.

PLAYBOY : énormissime dans son pouvoir de gratter les beuchigues à l’adversaire, dans le combat, dans la volonté. Extraordinaire dans sa position de pilier droit ; à l’équerre lors de la rentrée (comme on l’apprends à l’école de piliers basques), il se transforme en rampe de lancement pour skater dès l’introduction. Résultat : votre serviteur, seconde ligne derrière le monstre, se retrouva l’épaule droite au dessus de ses omoplates et la tête contre le talonneur. Fantastique dans ses perforations, il fut l’un des atomiseurs du jour. Du grand Playboy !!!

ZIZOU : s’il fut colère durant un moment et ce de façon totalement justifiée tant le jeu pratiqué était stéréotypé, il reste l’un de ces incontournables travailleurs de l’ombre exemplaire et nécessaire au jeu de rugby. Capable de quelques coups de génie qui remirent les OLDS BLACKS sur les rails, le roumain fut égal à lui même : ENORME !!!

LAULAUTOBUS : cantonné au rôle de déménageur, le fluet numéro 8 n’en fut pas moins un combattant de l’extrême. A tel point que la rencontre fortuite avec………CHIPIRON le fit moucher rouge. C’est le tarin meurtri et la lèvre tuméfiée que le Pullman de l’équipe conclut son après-midi landaise, satisfait du devoir accompli.

CHIPIRON : plaqueur destructeur comme à son habitude, il donna de sa personne jusqu’à que, victime d’une crise de « taxipardi », il dut se résigner à quitter la pré lors du troisième match. Son père spirituel, le « Poulpe » peut être fier de lui : un vrai céphalopode.

CRUCHOT :un engagement hors-limite, un cœur gros comme le cul d’un avion Beluga, un plaisir à voir jouer tant le fantasque rythme avec la volonté. Seul joueur connu en ce monde pour annoncer clairement à l’adversaire ces intentions, il percuta sans cesse les défenses adverses. Seul bémol à la partition : bordel de merde !!!, donnes ton ballon aux trois quarts avant de t’isoler !!! Enormissime !!!

BECK : donna lui aussi son corps à la science. Ne fut pas à la fête au poste de demi de mêlée avec un ballon glissant et des défenses aux montées supersoniques. Il compensa par une suractivité qui lui permit, une fois n’est pas coutume (sic !!!), de se retrouver sous le paquet d’avants, les cervicales en vrac, la tête dans le cul !!! Enorme lui aussi !!!

La TEIGNE : auteur de l’essai du bout du monde, il tenta de relancer le jeu et de remettre l’équipe dans le sens de la marche. Curieusement muet (il laissa sa place habituelle de critique arbitral à votre serviteurqui s’en tira pas trop mal, il faut l’avouer), il est à créditer d’une superbe prestation digne des OLD BLACKS.

MINIMOY : mais où va-t-il chercher cette énergie ? Que l’adversaire fasse 12 kilos ou 4 tonnes 600, il lui rentre dans le chou sans jamais moufter et s’accroche à lui tel un OLD BLACKS à un comptoir. Un potentiel de talonneur évident au dire des observateurs. Une piste à étudier, pourquoi pas ? En tout cas, grandiose !!!

JEAN : notre junior Reichel aura encore été l’une des « révélations » du jour. Il s’interpose, il dépose, il compose, il dispose, il andropose, il arthrose mais il est toujours là. Une énigme pour la science tant sa longévité laisse pantois. Et même amoindri (un indescriptible douleur dans la plante du pied l’a handicapé sans le terrasser), la bête tient. Colossal !!!

JIPI : on savait le catalan accrocheur, teigneux, combatif voir casse-cou (rappel aux vertèbres traumatisées d’il y a quelques mois). Vient s’ajouter à la palette le catalan spécialiste de la Haute Voltige. Mais là, le sang et or, victime d’un placage décollant, a cru voir arriver l’une de ses dernières heures. Seule fois où il s’astreint à lâcher le ballon à l’adversaire pour se préserver, il en revint encore plus accrocheur, teigneux, combatif. Un grand monsieur encore une fois.

MOUN : le montois est un compétiteur à la limite de l’irrationnel. Expliquez lui que l’on ne peut pas passer, il vous prouvera le contraire quitte à laisser 430 litres d’hémoglobine sur le tapis du salon… Une nouvelle fois, il aura su perforer les rideaux défensifs donnant ainsi l’impulsion à ses coéquipiers durant tout le tournoi. Un seule chose à revoir : la coordination avec JIPI… Quand MOUN cherche à droite, JIPI est à gauche et lycée de Versailles !!! Alors, un conseil…. Quand tu penses droite, joue sur l’autre droite, et JIPI sera peut-être au rendez-vous. A moins que tu ne veuilles pas donner la gonfle à une bourrique de Catalan ??? Putain de Montois !!!

WONDER : un chose est sûre, ce mec là, il a autre chose que du sang dans les veines !!! Kérosène, benzène et là où n’y a pas de « zène », il trouve du plaisir. Une activité tsunamièsque !!! Telle la vague, il vient et revient, et rerevient inlassablement !!! Seule limite à cette pile à haut voltage : le jeu au pied. Nous gratifiant d’un coup de pied en touche lunaire, il est désormais recherché par les agents de l’Office National des Forêts pour destruction d’essences rares (et non, rien à voir avec le scolyte du pin) et génocide de l’écureuil noir landais dit « esquirou nero» .

Et s’il n’en restait qu’un, je serais celui là. Une fois n’est pas coutume, je me permettrai quelques lignes sur ma prestation.

En tout point…………………………………………………………………………………………. vieux !!! Certes, cette première pour ma part en terre landaise m’a procuré un plaisir énorme mais la réalité est beaucoup plus cruelle !!! Si l’envie est encore présente, le jus est frelaté. Et pourtant, tout était réuni pour que je sois à la fête : les conditions climatiques (la pluie), la température (15°), un super groupe de copains, un superbe tournoi… La mécanique n’est plus ce qu’elle était. Mister 6 T’Matic est émoussé, usé à tel point que victime d’un point de contracture dans le cuissot gauche, je dus quitter prématurément mes coéquipiers, véritable trahison tant ils donnaient sur le pré. De plus, j’ai découvert que j’avais, au niveau supérieur de ma personne (c’est dire de l’oreille droite à la neuvième côte du même côté), des muscles dont j’ignorai l’existence. Je dois me faire à la raison……………… jamais plus jamais, je ne reprendrais des légumes verts avant un match !!! Par contre, je reprendrais bien des cœurs confits, si vous le permettez !!!

Voilà donc un extraordinaire souvenir dans le livre de la grande histoire des OLD BLACKS d’autant que notre prestation du jour s’est conclue par l’attribution du Bouclier du Tournoi Vétéran de SANGUINET !!! Du pur bonheur !!!

Merci à nos hôtes pour leur accueil, à nos adversaires pour leur respect, leur état d’esprit et leur combativité, à tous les membres de cette équipe du jour des OLD BLACKS qui, sans faillir, auront porté une nouvelle fois hauts et forts les couleurs cénacaises.

SANGUINET 2011 s’est fini dans la joie et la bonne humeur. Rendez-vous en 2012 pour remettre en jeu le bouclier et partager à nouveau un grand moment de convivialité. Soyez surs que nous serons encore là.

Quant à nous, chers OLD BLACKS, je sais vos regards déjà tournés vers notre prochaine échéance : la rencontre triangulaire avec LORMONT et SAINT AUBIN du MEDOC. Je vous sais compétiteurs et suis persuadé que vous mettrez une nouvelle fois tout en branle pour faire la meilleure des prestations pour le dernier match de l’Adjudant. C’est aussi pour cela que je ne cesse de penser que :

« Putain, qu’est que c’est bandant de jouer avec vous !!! »

MISTER 6 T MATIC,

Membre de l’Académie des Vieux Roustons

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