dimanche, novembre 27, 2011

Lormont/Cénac, le 25 novembre 2011


CALAMITÉS / OLD BLACKS
DANS LA BRUME


Juste pour rajouter un mot au classique mais toujours savoureux compte rendu de The Touch, si je devais retenir une image de cette soirée sur le champ Lormontais, ce ne serait pas le pas de l'oie de Cruchot avant sont superbe essai, ni la concentration de Beck sur ses replacements tout azimuts, ni encore les crochets de filou de La Teigne... non, ce serait plutôt l'image de cinq ou six blakcs, retirant leurs maillots pour couvrir le pauvre Forest, convulsant, les yeux dans le vide et le sang à la bouche. Ou encore Chipie à plat ventre dans l'herbe, vérifiant sa respiration.
Bref, une belle image de solidarité... Bravo à tous.
The Bank. 


J'entends d'ici les récriminations, les moqueries (mais ce n'est qu'un juste retour des choses) concernant le délai du compte-rendu. On est dimanche, nous avons joué vendredi, qu'est-ce qu'il branle le coach (« la queue du chat », rajoute malicieusement Minimoys, collectionneur de peluches made in Disneyland et amateur de dessins animés des studios Pixar !) ? Il est en grève (Jipi, militant cégétiste, le seul sur le canton de Podensac, tarif dégressif pour toute adhésion concernant les familles nombreuses) ? Il est chez Tutu (Play Boy, 40 % des actions du bar / restaurant les Acacias) ? Il est en RTT (Zizou, dortoir, pardon, guichet numéro 12 de la Poste, spécialité ébénisterie et chèque en bois) ? En congés ? (Moun, fonctionnaire zélé à l'Agriculture, aucun jour de carence au compteur) ? En déplacement (Campet, ingénieur des eaux usées, souterraines de préférence, surtout pas en bouteille !) ? Pas du tout mes amis, mais voyez-vous, il y en a, ô chanceux !, qui travaillent aussi le week-end (oh !, oh!, oh !, font en commun Dudule, ERDF, MOX, AREVA et sortons du nucléaire réunis), pas de quoi se rouler dans la farine (Ludo et Nico, grands moulins de Paris, même s'il y a belle lurette que le seul moulin existant dans la capitale est rouge). Désolé pour le manque de fraîcheur (hein, quoi ?, pas frais ?, intervient notre spécialiste du contrôle sanitaire surprise de 14 h 05 à 14 h 32, après l'apéro avant la sieste, à savoir Mister 6 T Matic). D'autant que cet exercice est bénévole même si, je peux l'avouer désormais, du temps où il était comptable du club, Jean me graissait bien la patte, tandis qu'aujourd'hui avec les 356 kg de nos trois présidents fétiches, c'est que du muscle mais rien dans le cigare !


Revenons à nos moutons. « Euh, pardon, qui (me) parle ? De quoi s'agit-il ? Ou suis-je ? Dans quel état j'erre ? » se désole Forest, le front fiévreux, les yeux hagards et les tambours du Bronx dans le cerveau ...

Vendredi soir sur la terre. Lormontaise en l'occurrence. Baignée de brume. Les Old Blacks sont à l'heure. Décidés à en découdre. Et surtout, très nombreux. Tellement que je m'y perds par rapport au prévisionnel qui bien vite vole en éclats : je retire des 28 prévus, les absents que sont Frontline, Willy, Campet, j'ajoute Romano finalement présent, je retire au fil de la rencontre the Bank, Forest, Brian, bref, un véritable casse-tête à gérer.
XV de départ : Mister 6 T Matic, Benoît, Play Boy (hips) / Zizou, Yannick / Cruchot, Romano, Dom / Nono (m) / la Teigne (o) / Beck (cap), Nico, Ludo, Minimoys / Forest. Remplaçants : Fred (avec un T bordel à Stéphant), Bank, GPS, P'tit Lolo, Dudule, Jean, Jipi, Moun, Brian, Pierre, Momo, c'est bien ça, 26 protagonistes.
Trois autres compositions d'équipe se déclineront durant la partie.


Débuts chaotiques de nos couleurs. Manque de punch, d'envie, de motivation. Conséquence, on est dominé outrageusement, sans réaction de notre part, apathiques à souhait, on perd tous les ballons au sol, on n'a pas encore pigé que nos adversaires jouent systématiquement inter au niveau de la charnière et abusent avec succès des petits côtés. Bilan, au bout de cinq minutes interminables, on encaisse un essai, suite à une percée dans notre défense gruyère, aussi élastique que le string d'Amanda Lear ! Des voix s'élèvent dans notre camp, notamment celle de Cruchot, afin de remobiliser des troupes assoupies dans les effluves d'une nuit cotonneuse. Ledit Cruchot, soit dit en passant l'homme du match, comme quoi il faut savoir parfois fouetter son orgueil, ledit Cruchot s'en va égaliser à la suite d'une touche à trois magistralement dégueulée par nos adversaires dans leur 22 !


On s'oriente doucement vers la mi-temps quand surgit le fait du match. Forest reste au sol, suite à une action ayant échappé à ma sagacité, complètement sonné et KO. Stupeur. Frayeur. Saluons l'intervention d'un Lormontais, visiblement médecin de son état et qui sera d'un grand secours. Naze Head rapplique donc avec son éponge magique, sa bombe à fragmentation et sa bouteille d'eau croupie.À la vue du cadavre, pardon, de l'inerte Forest, allongé, le regard perdu dans des limbes de lui seul connues, crachant de surcroît du sang de sa bouche, Naze Head manque de s'évanouir et préfère revenir au grand galop, on le retrouvera au club-house à s'enquiller cul-sec une bouteille de whisky pour noyer cette vision apocalyptique, tandis que the Bank, plus pragmatique et flegmatique que jamais appelle les pompiers (à qui il achètera un calendrier dès leur arrivée sur le terrain. « Euh, je n'ai qu'un billet de 50 euros, vous auriez la monnaie ? », trop tard, les hommes casqués et gantés sont repartis toutes sirènes hurlantes, direction les abattoirs, pardon, les urgences, avec le destin de notre mascotte entre leurs mains).


Interruption du match durant trente bonnes minutes. Une grosse mi-temps en somme !


Reprise des hostilités. Les esprits sont encore marqués par cette perte d'un équipier, pendant que Naze Head se descend, cette fois, une bouteille de Ricard, d'un seul trait tant les images cauchemardesques hantent son esprit de plus en plus embué. Dans un quasi anonymat, Moun intercepte le ballon suite à une timide attaque désordonnée de nos opposants pour aller aplatir en terre promise. « Qui c'est qui a marqué ? » aura été la phrase la plus entendue le long de la touche tant la visibilité est médiocre. Puis surgit le coup de génie, l'apothéose de nos couleurs retrouvées, par un essai de toute beauté, initié de notre camp par Cruchot, que l'on retrouvera à la conclusion d'un jeu de mains remarquable ou une dizaine de Cénacais auront touché la beuchigue telle une offrande, semblable à une dédicace à notre grand absent parti retrouver ses esprits dans la chaleur ouatée d'une chambre d'hôpital en compagnie de the Bank au porte-monnaie vide, obligé de taxer trente centimes à une infirmière pour s'offrir un café à trois heures du mat'. « Vous faîtes aussi des calendriers madame dans le service ? », déclame-t-il avant de recevoir une volée de bois vert sur les joues, à tel point qu'il lui faudra aussi justifier d'une « grave » blessure intervenue en match pour apaiser le courroux de son épouse à la vue de ses joues griffées, dès son retour sur Cénac à six heures du mat' !

Un relâchement coupable des vieux noirs nous fait vivre une fin de partie tourmentée. On encaisse tout d'abord un second essai mais surtout, connaissons à nouveau un terrible passage à vide, semblable à celui du début de match. Naze Head nous rejoint en titubant, juste le temps d'offrir son écharpe à Brian, l'épaule en lambeaux. Les esprits s'échauffent un peu. Nos ailiers habituels Minimoys et Jipi jouent en première ligne preuve d'une poly-aptitude surprenante chez les vétérans. Fin de match. Et victoire 3 à 2 des Cénacais. Dieu que ce fût laborieux, malgré quelques séquences intéressantes. La marge de progression demeure éloquente. Mais on ne va surtout, surtout pas bouder les valeurs dont ont fait montre les Old Blacks : solidarité, fraternité et convivialité. Cette victoire scelle le ciment d'un groupe étoffé où chacun de nous apporte sa pierre à l'édifice. Ce groupe d'hommes est capable de nous faire connaître l'ivresse des sommets cette saison. Le rendez-vous est pris.


Votre dévoué.
The Touch
P.S. : aux dernières nouvelles, Forest va mieux, il ne se souvient tout simplement plus d'avoir marqué la bagatelle d'une trentaine d'essais en 8 ans de présence chez les Blacks, de s'être coupé le doigt en tranchant un jambon, a vouvoyé Campet dès qu'il l'a revu tandis que Naze Head, lui, ne se souvient plus du match, lui non plus !

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